Libérez-nous des mythes antisyndicaux

Éric Duhaime, connu pour ses frasques radiophoniques, télévisuelles et écrites dans plusieurs journaux du groupe Québécor, s’est donné pour mission de « libérer » le Québec des syndicats dans son dernier livre que vous pourrez trouver en librairie ou peut-être dans les bibliothèques où, malgré le penchant antiétatique de son auteur, le livre à des chances d’aboutir.

J’aimerais pouvoir vous dire que je critiquerai ici, point par point, l’ouvrage de M. Duhaime. Malheureusement, comme l’auteur ne se base sur aucune référence pour appuyer son propos qui se résume à ce qu’il qualifie lui même d’emblée comme étant « son opinion ». Ce faisant, il se dérobe à toute critique puisqu’il a droit à son opinion, qu’il exprime par ailleurs amplement, on se demande s’il était nécessaire qu’il se commette également par écrit dans ce livre qui ne nous apprend rien de nouveau sur le fond de la pensée de son auteur.

Des différences irréconciliables 

Ce que je retiens surtout de la lecture du pamphlet d’Éric Duhaime, c’est que nous n’avons tout simplement pas la même façon de voir le monde et la société dans laquelle nous vivons. Monsieur Duhaime envisage la vie d’un point de vue individualiste. L’auteur de Libérez-nous des syndicats aura beau draper ce point de vue en l’affublant du vocable de « libertarisme », n’en demeure pas moins qu’il place ses désirs avant les besoins de l’ensemble de la société.

Pour moi, la société, c’est d’abord et avant tout une question de solidarité, d’intérêts communs pour lesquels il vaut la peine de se battre. Cette différence fondamentale résulte en une impossibilité pour M. Duhaime de comprendre que des travailleuses et des travailleurs, ou tout autre groupe par ailleurs, se regroupent et luttent pour l’amélioration des conditions de vie de personnes autres qu’elles-mêmes. Monsieur Duhaime à donc l’impression que les militants syndicaux ne déploient tous ces efforts que dans une quête de nouveaux revenus pour bâtir des empires.

La démocratie syndicale mise en cause

Le cofondateur du Réseau liberté Québec à une autre marotte: la démocratie syndicale. Pour lui, la seule façon d’exercer la démocratie, c’est par un vote secret, tout le temps, préférablement sans débat. Pour moi, la démocratie s’exerce dans la participation active à des débats. On ne peut voter qu’en toute connaissance de cause, après avoir fait valoir ses points et après avoir entendu ceux des autres.

La démocratie, c’est plus qu’une fois aux quatre ans

Ce qui m’amène à un autre point de divergence fondamental entre Éric Duhaime et le mouvement syndical. Pour Éric Duhaime, les syndicats ne devraient pas se prononcer sur des questions de politiques publiques ou sur des choix de société. Un syndicat devrait déconcentrer uniquement sur les conditions de travail (entendre ici les conditions salariales, auxquelles se résument les choses pour M. Duhaime) de ses membres.

Un syndicat, c’est également un lieu que les travailleuses et les travailleurs se sont donné pour échanger sur leurs préoccupations liées au travail, certes, mais également sur leurs préoccupations sociales. Petit à petit, ils se sont rendu compte qu’ils partageaient des intérêts communs, en tant que travailleurs.

C’est ce qui a donné lieu à la solidarité entre les travailleurs du secteur privé et ceux du secteur public qui aura permis à ces derniers de faire des gains importants. C’est ce qui a débouché sur des réflexions fondamentales donnant lieu à des mesures de protection sociale comme le salaire minimum, l’assurance-emploi, l’équité salariale, le RRQ, la laïcisation des écoles, et j’en passe, et des meilleures!

Pour en finir avec les préjugés antisyndicaux 

Si le livre d’Éric Duhaime m’a permis une chose, ce sera celle de constater qu’il persiste un certain nombre de préjugés antisyndicaux qui ont la couenne dure! N’hésitez pas à partager avec moi des préjugés tenaces auxquels vous êtes confrontés dans la section commentaire du blogue.

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Le renouveau syndical et la transparence

Ce qui me motive particulièrement aujourd’hui au Congrès de la CSQ, c’est la commission sur le renouveau syndical qui se déroulera à 14h30, en simultané sur le web, à l’adresse http://congres2012.csq.qc.net . Cette ouverture à partager ainsi ses réflexions, en toute transparence, contrairement à ce que certains tenants de la droite laissent croire, me font affirmer que la CSQ est en avance par rapport aux autres organisations syndicales américaines dans le partage de l’information avec ses membres. Passant de la réflexion à l’action, l’organisation met en pratique le vieil adage qui veut que plus d’information résulte en une vie démocratique plus riche.

À entendre les réflexions partagées au Congrès, les prochaines années seront remplies de défis pour les organisations syndicales québécoises mais elles seront aussi un terreau fertile pour des expérimentations sociales citoyennes. On voit apparaître, ces derniers temps, des assemblées citoyennes de quartier, indépendantes de toute organisation politique partisane, des manifestations spontanées d’un ras-le-bol généralisé face à l’exercice de la démocratie, à tous les paliers. 

À suivre…

Mon expérience au Congrès de la CSQ

Jour 1 du Congrès de la CSQ

Des images de l’ouverture du Congrès

Bonjour à vous, innombrables hordes de lectrices et de lecteurs. Ça fait un bout quand même que je ne me suis pas adressé à vous. C’est qu’il  y a eu de nombreux changements dans ma vie récemment. Je suis toujours syndicaliste, ne vous en faites pas, je suis toujours à Laval, je suis toujours musicien amateur, mélomane, gastronome et caféïnomane! Cependant, j’ai changé de centrale syndicale. Ce n’est pas trop difficile remarquez, il n’y a qu’une lettre à changer. J’étais à la CSN, me voilà à la CSQ, plus précisément, à la Fédération des professionnelles et professionnels de l’éducation (FPPE-CSQ).

C’est une belle expérience, ce Congrès est vraiment axé sur les nouvelles technologies de l’information! http://congres2012.csq.qc.net/ diffuse en direct les évènements du Congrès pendant que sur twitter, ça jase un temps sur #CSQ2012 et le facebook de la CSQ (www.facebook.com/lacsq est alimenté à un rythme effarant. Un blogue a également été mis sur pied par  une des membres de la CSQ au http://isabelleperreault.wordpress.com/ , dans lequel elle relate ses impressions du Congrès et ses réflexions.

J’ai toujours aimé ces évènements rassembleurs qui permettent une réflexion de fond. Réjean Parent a dit, en introduction du Congrès, qu’il ne fallait pas être dupes, que le clientélisme syndical existe mais qu’il faut, pour affronter l’avenir, les syndicats, et la CSQ, devront prendre acte de cette réalité et comprendre comment revenir à un discours collectif, à des projets sociaux et solidaires, etc.

Je trouve vraiment intéressant de poursuivre cette réflexion entamée lors du Congrès de la CSN l’an dernier (voir le billet plus bas et les liens). J’ai l’impression qu’on commence à mieux cerner les difficultés et les embûches qui jalonneront notre parcours syndical et social aux courant de la prochaine décennie. Dans la foulée de ce printemps qu’on dit érable et de cet été qui s’annonce chaud, ce Congrès ne pouvait pas mieux tomber! Je ne fais pas de promesse mais je vais essayer de pondre un billet par jour pour vous partager mes réflexions sur le Congrès.

63e Congrès de la CSN

Je fais un peu différent cette semaine. Comme vous le savez probablement, horde de lecteurs assoiffés d’anecdotes de vie croustillantes, d’opinions éclairées, de recettes délicieuses et d’analyses pointues, je suis salarié de la Confédération des syndicats nationaux. Plus précisément, je suis conseiller syndical au Service des communications de la dite organisation. En tant que tel, j’ai la chance de participer au 63e Congrès de la CSN et d’y rencontrer une foule de gens intéressants. Je relaterai ici quelques unes de ces occasions quand le temps me le permettra, j’en profiterai aussi pour diffuser mes photos de l’événement.

Je dis quand le temps me le permettra parce que je m’occupe également du fil Twitter de @lacsn (www.twitter.com/lacsn) tout en animant la discussion avec @jplarche . Une première pour un congrès de l’organisation. Vous pourrez aussi suivre l’événement sur Facebook au http://www.facebok.com/lacsn .

Petit sondage rapide sur le syndicalisme aujourd’hui

Après avoir eu des discussions nombreuses avec plusieurs personnes ces derniers temps, j’ai décidé de créer ce petit sondage sans prétention scientifique pour me faire une idée de ce que les gens pensent du syndicalisme aujourd’hui.

Le sujet ne sort pas de nulle part, je suis conseiller syndical à la CSN (d’ailleurs tout ce qui est écrit ici ne reflète que mon opinion personnelle et non celle de l’organisation pour laquelle je travaille 😉 )

Donc, ce petit sondage: http://www.surveymonkey.com/s/2DSPZYW
Si vous le remplissiez, je vous en serais fort aise!